Réseaux sociaux et management de centre ville : l’association gagnante ?

Alexandre Prot a été, durant deux ans, en charge de la communication de l’Association de Développement du Commerce de Lyon 7e (ADC7). Il est désormais installé au Québec et occupe la fonction de chargé de communication pour la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal. Alexandre tient régulièrement sur ce blog une chronique en direct de Montréal.

Avant d’arriver au Québec, j’étais conscient du dynamisme et de l’expertise des Sociétés de Développement Commercial (SDC) de Montréal, ces organismes qui regroupent les gens d’affaires d’un centre-ville ou d’une artère commerciale. Ce que j’ai découvert, en revanche, c’est que plusieurs de ces structures ont développé une véritable stratégie de communication sur les réseaux sociaux, dont il ne serait pas idiot de s’inspirer…

Pour les profanes : les réseaux sociaux, ce sont tous ces sites internet permettant de se constituer un réseau d’amis / de connaissances / de contacts professionnels, via des outils d’interactions et de communication. Les plus célèbres d’entre eux ne vous échapperont pas : Facebook, Twitter, Linkedin…

Pour une entreprise ou organisation professionnelle, les réseaux sociaux constituent une opportunité unique de converser avec sa clientèle : le contact est direct et en temps réel, la technologie est facile d’utilisation et gratuite. Un moyen extraordinaire pour les SDC de communiquer auprès des habitants, à propos de leurs activités mais aussi des événements en cours, ou encore des commerces de proximité, qui profitent ainsi directement de cette vitrine !

Si l’on se concentre uniquement sur le nombre de fans Facebook, on constate que les SDC de Montréal parviennent à rassembler des milliers de personnes : la Plaza St Hubert (2008 fans), la SDC du Vieux Montréal (1855 fans) et la SDC de l’Avenue du Mont Royal (1855 fans) sont celles qui ont le plus de succès. La comparaison est rude, mais parlante : à Lyon, on dénombre seulement 150 fans pour l’ADC7, 11 pour Tendance Presqu’île et…c’est à peu près tout à ma connaissance !

Pourquoi un tel gouffre ? Les SDC de Montréal ont tout simplement pris conscience du formidable potentiel que représentent les réseaux sociaux pour leur activité, et développé des stratégies en conséquence. Puisque quelques exemples valent mieux qu’un long discours, voici quelques actions développées par les SDC de Montréal via les réseaux sociaux :

– Un concours photo (www.objectifplateau.com), organisé par l’Avenue du Mont Royal, propose aux photographes amateurs comme professionnels de déposer une photo du quartier sur le site du concours. Les gagnants seront récompensés financièrement et verront leur photo exposée à la sortie du métro. Surtout, 7 votants seront tirés au sort et se partageront 700$ en chèques cadeaux à dépenser…dans les commerces de l’avenue !

– À l’occasion de la « frénésie de la main » sur le boulevard St Laurent (piétonisation de la rue sur plusieurs jours, ventes-trottoir, spectacles…), de nombreuses vidéos ont été réalisées pour interviewer des passants, puis postées sur la chaîne YouTube de la SDC : (http://bit.ly/lCUWLO)

– Des concours sont régulièrement organisés sur les pages Facebook des SDC pour gagner des bons d’achats dans des boutiques du quartier. Pour la fête des mères, la SDC Plaza St Hubert a organisé un concours sur sa page Facebook permettant de remporter divers cadeaux offerts par des commerçants du quartier.

Ces trois exemples ont comme points communs de mobiliser les habitants d’un territoire, de renforcer leur sentiment d’appartenance à leur quartier, et avant tout de créer une passerelle poussant les citoyens/consommateurs à agir et réagir dans la « vraie vie » à partir d’un média numérique.

Les clés du succès d’une telle stratégie sont d’exercer une activité constante sur les médias sociaux sur lesquels on est présent, de créer des contenus à forte valeur ajoutée et d’encourager les commerçants à « jouer le jeu », sachant que ces derniers ont tout à gagner d’une présence gratuite et valorisante sur le Web pour leur commerce.

Un modèle exportable à Lyon ? Oui, bien sûr ! Avec près de 80% des internautes français membres d’au moins un réseau social, il serait même dommage de se priver de ces clients/consommateurs/adeptes (appelez ça comme vous voulez) potentiels. Cela nécessite évidemment d’y consacrer le temps et la créativité nécessaires, mais à mon sens le jeu en vaut la chandelle. Les précurseurs entraîneront forcément les autres dans leur sillage…

Pour ceux qui veulent suivre les activités de quelques SDC sur Facebook :

SDC Avenue Mont-Royal : www.facebook.com/AvenueMontRoyal
SDC Boulevard Saint-Laurent :
www.facebook.com/boulevardsaintlaurent
SDC Plaza St Hubert :
www.facebook.com/plazasthubert

Alexandre PROT

 

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