La chronique de Georges SOREL

Au lendemain de son élection à la mairie de Lyon, Raymond BARRE avait réuni l’ensemble de ses colistiers en un lieu qu’il aimait bien, le Chalet du Parc. Lors d’un moment privilégié, miraculeux, seuls, nous contemplions les ébats des canards sur le lac, je ne pus m’empêcher de lui poser une question qui me turlupinait depuis Longtemps.

« Pourquoi n’avez-vous pas fondé un parti pour vous soutenir en 1988 ? »

Sa réponse tomba nette : « Monsieur SOREL dés lors que vous créez un parti, il n’a de cesse que de vous trahir ! »

Devant tant de franchise, je devais faire une drôle de tête. Il ajouta : «  Ce n’est pas forcément le cas, en l’occurrence ce l’aurait été ». Clairvoyance désabusée, sans illusion. Quelle expérience du pouvoir …

A l’époque, Président de l’association des commerçants de l’avenue Jean Jaurès, j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de rencontrer Raymond BARRE, il est venu un jour de printemps visiter la Guillotière et ses commerçants. Après quelques mots d’accueil et sur le temps qui était radieux nous avancions sous les flashs des photographes lorsqu’il me dit en riant : « Même sans soleil, avec ces messieurs on est ébloui » Il en reste une photo où nous sommes tous deux hilares.

Une autre fois, il nous complimentait sur le bon travail que nous avions accompli sur le tramway. Suzanne MAURY-SYLLA ND, à l’époque directrice du SYTRAL avait déclaré publiquement : « Si le tramway passe rue de Marseille c’est grace à SOREL ».

Monsieur BARRE félicitait de ce que la société civile avait pu apporter.

Je lui faisais remarquer que la société civile était bien peu prise en compte au Conseil Municipal. Il me répondit qu’il était plus facile pour un fonctionnaire de se mettre en disponibilité pour briguer un poste d’élu que pour un dirigeant d’entreprise de quitter une situation pour la fonction aléatoire de l’élu. La société civile ne se rend pas toujours compte de la vanité du pouvoir, toujours ballotté par les événements. Cela explique la méfiance mais aussi la frilosité.

Il avait sur le commerce une vision assez sévère, il trouvait les gens peu organisés, individualistes… On ne peut pas lui donner tort. C’est sans doute pour cela que nous avions de bonnes relations ! Il appréciait néanmoins le travail des bons artisans qui travaillent sans esbroufe, avec opiniâtreté.

Pour nous aider, nous avons signé à ce moment là, le premier FISAC du 7e arrondissement.

J’ai résumé ma relation avec Raymond BARRE, cet homme que je connaissais si peu et qui était toujours aimable et attentif avec moi.

Au fond le Barrisme ne serait-il pas une alchimie faite de savoir, d’écoute et de tolérance ? Reste pour nous à déterminer les proportions.

Adieu Monsieur le Professeur

Georges SOREL, Vice-Président
Association de Développement du Commerce Lyon 7e arrondissement (ADC7)

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