La chronique de Georges SOREL

 

En ce beau matin du mardi 3 mars 2009 nous étions, tout ce qui compte du commerce de notre bonne ville et de ses environs, réunis à la CCI de Lyon, à l’initiative de Bruno TARLIER le Vice-Président en charge du commerce et de Pierre PREUILH directeur ad’ hoc.

Les sujets du jour portaient sur les ouvertures dominicales pour 2009 et les soldes « flottants ».

Pour avoir participé, à Paris, aux réunions du Conseil du Commerce de France sur ces sujets, j’étais pour le moins dubitatif quand aux accords qui pouvaient voir le jour sur ces trouvailles, censées dans le cadre de la Loi de Modernisation de l’Economie, relancer l’économie en général et le commerce en particulier.

Pour les ouvertures dominicales on est arrivé assez rapidement à déterminer ce qui pouvait se faire en décembre, avec en plus le premier dimanche des soldes (sur janvier 2010).

Une fois encore, mais ce n’est pas nouveau, le commerce de proximité n’utilisera que deux ou trois dimanches alors que la grande distribution fera feu de tous bois.

Ce n’est vraiment pas une nouveauté…

Pour les semaines de soldes « flottants » on a commencé à errer sur le calendrier jusqu’à ce que, d’abord Carrefour puis les centres commerciaux et enfin le Printemps nous annoncent que leurs dates sont déjà fixées et que le reste du commerce a le choix entre choisir les mêmes et… choisir les mêmes.

Peu leur chaux, apparemment, qu’allant de périodes de soldes à droite en périodes de soldes à gauche, la réalité des prix perde tout sens.

Le bouquet arriva lorsque la directrice du Printemps nous assena tout de go (sic) : « que la grande distribution n’avait pas à se soucier du commerce lyonnais ». Diable…

Des auditions du CREDOC, de Jean-Paul CHARIE, député du Loiret chargé de mission par le Premier Ministre et du Secrétaire d’Etat Hervé NOVELLI, j’avais cru comprendre que l’esprit de la Loi de Modernisation de l’Economie était de trouver l’équilibre entre la grande distribution et le commerce de proximité.

Il est où l’équilibre ?

Doit on comprendre qu’on a le choix entre la démocratie et la dictature, entre cause toujours et ferme ta gueule ?

Madame la directrice perd elle de vue que son établissement, certes majeur, mais élément quand même, d’une zone de chalandise.

S’imagine-t-elle au milieu d’un désert qu’elle semble appeler de sa toute puissance…

Je ne fais jamais de procès d’intention, il y a belle lurette que j’ai mon commerce et en près de 30 ans j’ai vu évoluer les mœurs, les gens.

C’est pour cela que je ne m’oppose pas, sur le fond, aux réformes.

Sur la forme, c’est autre chose.

Que personne ne s’imagine que nous allons rester inertes.

La leçon de la circulaire du 28 août 2008 est bien enregistrée. Soit la grande distribution accepte le dialogue, soit elle contraindra les éléments les plus modérés à se radicaliser ou à laisser place aux radicaux.

Je ne peux clore ce billet sans une pensée pour mes amis Bruno et Pierre. Ils ont le métier.

Cette réunion Bruno, tu as dis qu’elle était un échec, et bien non.

En premier lieu parce que la CCI reste un espace de dialogue et même quand le dialogue n’aboutit pas, il est préférable au mutisme.

Enfin, il a permis de voir qu’à la première occasion les loups se déparent de leur costume de brebis.

Méfions nous de nos semblables quand ils n’en ont que l’apparence.

Georges SOREL, Président
Association Développement Commerce Lyon 7e arrondissement (ADC7)

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