La chronique de Georges SOREL

 

Comme quoi il faut se méfier des statistiques. Lundi 22 septembre 2008 j’étais l’invité du journal de 12 heures 30 sur LCI (Pour voir la vidéo de cette intervention : http://tf1.lci.fr/infos/france/societe/0,,4098060,00-sorel-.html)

Un sujet concernait une dépêche reprise par RTL suivant laquelle les attaques à main armée avaient progressé à Paris de 76%, entre janvier et août 2007, dont 40% touchent désormais le commerce de proximité.

Amené à réagir sur cela, la première réaction est bien sûr de déplorer ce chiffre car une seule attaque est de trop et la réaction du syndicat de police Alliance, indiquant que les sommes sont parfois dérisoires et les auteurs de plus en plus jeune fait froid dans le dos.

Dans un temps pas si ancien, on demandait aux touristes, visiteurs du carnaval de Rio, d’être prudents et on les prévenaient « ici on peut se faire assassiner pour quelques dollars ».

Mais revenons sur les chiffres,  à Paris 141 vols à main armée ont eu lieu, entre janvier et août 2008, soit une hausse de 76% par rapport à l’an dernier.

On estime que 40% touchent désormais le commerce de proximité. Tel que, les pourcentages sont effrayants…

Pourtant, ils montreraient que 40% de 141 représente 56 attaques sur 8 mois donc environ 7 par mois.

Une fois encore c’est 7 de trop mais sur une ville de la taille de Paris et sauf à se croire au paradis c’est malheureusement « inéluctable».

Mais alors que dire des chiffres de 2007 !

Par le même raisonnement on arriverait à moins de 1 par mois et là cela ma paraît vraiment optimiste. Trèves de polémique. Si les supérettes, épiceries, buralistes et même pharmacies sont des cibles aujourd’hui les plus fréquentes c’est que ce sont des commerces qui détiennent le plus d’espèces.

Certes les grandes surfaces ou les banques en possèdent encore plus mais elles sont très protégées.

Il appartient donc au commerce de proximité de reprendre le vieux slogan qui disait « ne soyez pas cambriolable ». Le risque 0 n’existe pas mais des moyens de bon sens, remises régulières des espèces, télésurveillance peuvent contribuer à la sécurité.

Toutefois des cartes comme Monéo seraient aussi dans le sens de la réduction des espèces mais encore faudrait-il que le coût soit acceptable.

Là dessus, les banques ont beaucoup à faire. Bref le sujet n’est pas simple et je ne pense pas qu’il serait très vendeur d’avoir un policier devant chaque magasin.

D’autant que ce serait heureux !

En revanche des patrouilles fréquentes et attentives aux observations des riverains des artères patrouillées, seraient dédramatisantes et destressantes devant les scènes de rue parfois observées.

En conclusion, je dirai que les problèmes complexes ne trouvent jamais de réponses simples, mais ce n’est sûrement pas en lançant des chiffres chocs, et je crois en avoir démontré le peu de valeur, que l’on peut sereinement appréhender les phénomènes d’une société qui pour des raisons que nous connaissons tous est de plus en plus dure.

Georges SOREL Président
Association Développement Commerce Lyon 7e (ADC7)

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